Ça m'a carrément couché, et je ne me suis jamais vraiment relevée, malgré les apparences auxquelles j'ai crues.
Je vois bien aujourd'hui que rien n'a changé depuis ce jour là.
J'ai été propulsé par terre avec une force phénoménale... la mienne.
Il ne me restait donc plus rien pour me relever. Il fallu que j'attende. J'ai attendu, et avec des simagrées, des faux espoirs et des faux sourires, j'ai pu ramper.
Mais je ne me suis pas tenue debout depuis trop longtemps maintenant.
Et je vois aujourd'hui, que la tête dans la boue, je ne peux pas espérer marcher droit à nouveau.
«Ah! laisse toi le temps!»
Je me le suis laissé jusqu'ici, et je n'ai fait que régresser. Est-ce vraiment une bonne idée de continuer à attendre?
J'ai l'air d'aller bien. Sinon pourquoi les gens me croirait quand je le leur dit?
Mais je ne me suis jamais sentie aussi amère, aigrie et décharnée. Est-ce que cela peut se camoufler aussi facilement?
J'imagine que oui. puisque lorsqu'on ne veut pas d'aide, la meilleure chose est de ne le dire a personne. C'est ce que je fais. M'entends-tu, Personne??
J'essaie d'exister. On existe pour les personnes qui nous sont chères, pas pour les personnes qui sont la pour pas qu'on soit seul. Mais les personnes qui me sont chères sont trop chères pour moi. Je ne veut pas les contaminer des mes pensées parasitaires.
Plus rien n'en vaut la peine. Pour moi. S'il y en a toujours pour eux, tant mieux. Je leur laisserai.
Ils n'ont pas à se sacrifier pour une cause perdue.
Pour moi, toutes les petites joies de la vie comme les grandes, auxquelles les gens me proposent m'accrocher ne marchent plus..
Il suffit d'y croire, mais je n'ai pas le cran de me fermer les yeux à ce point. Je l'ai déjà fait, et voilà où je me retrouve.
L'amour?
L'amour que j'ai connu était égoïste et sans chaleur. Comme tout ce que les hommes inventent: simples moyens de se fermer les yeux face à leur futilité et insignifiance. Je ne peux plus y croire. J'ai perdu l'organe qui renait cela possible.
Ne t'en fais pas, Personne, ce n'est pas une lettre d'adieu avant suicide. Je suis déjà morte.
Ce que tu vois de moi, c'est une carcasse vide. Mais l'enveloppe en étant une d'être humain, elle subsiste de par sa simple nature.
Elle reste au fond du gouffre à continuer de se battre pour rien, à s'accrocher à tous les espoirs, qui se transforment à son contact en désespoirs, comme une plante en besoin en constant besoin d'eau. Elle mourra d'elle-même, lorsqu'elle comprendra qu'il n'y aura jamais plus rien. C'est le destin de ma carcasse. Pour moi, il est trop tard.



